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Le Musée d’Aquitaine de Bordeaux, prête ses murs jusqu’au 3 juin 2012, au fameux dessinateur de presse, Michel Iturria, que les lecteurs de Sud Ouest connaissent bien.  L’exposition vous invite à la déambulation, le visiteur circule au milieu de ses objets personnels, ses dessins (colorisés pour l’occasion), parfois graves et durs (l’actualité n’est pas toujours tendre), mais le plus souvent furieusement drôles. Quand on entre dans la première pièce, on a l’impression de franchir la porte de son bureau, une vidéo montre Michel en train de dessiner, entouré de livres.  Si on s’y attarde, on y remarque le tic du dessinateur, qui consiste à balayer du doigt la feuille après quelques coups de crayon. Dans une vitrine trône fièrement sa collection de pipes, que l’on retrouve souvent dans ses dessins, et si on ferme quelques instants les yeux, on s’imagine très bien dans l’ambiance enfumée de son antre créatrice.

Que de chemin parcouru (ses cahiers d’écolier remplis de dessins en témoignent) pour ce jeune basque, ayant grandi à Bordeaux. A 16 ans, alors que sa sœur lui obtient un rendez-vous à Sud Ouest, il débarque avec son carton à dessins sous le bras, rencontre Jean Noble. Venant après Chaval, Sempé, l’adolescent prend la mesure du défi, mais se ne démonte pas. Il s’équipe du matériel adéquat, et persévère en apportant ses dessins tous les quinze jours. Et un beau matin, du dimanche 19 avril 1964, en ouvrant Sud Ouest Dimanche, il reconnaît sa plume. A compter de ce jour-là, il ne s’est jamais arrêté de dessiner pour Sud Ouest et de noter, au jour le jour, ses œuvres publiées. 48 ans plus tard, il compte plus de 12 800 dessins au compteur. Que la sélection a dû être difficile. Aujourd’hui, sa célèbre moustache et sa pipe ont disparu, mais il a su rester simple, abordable, drôlement sympathique, magnant l’autodérision à merveille. Lors du vernissage, le vendredi 2 mars 2012, il s’est prêté à une séance de dédicace surprise, avec beaucoup de gentillesse et de décontraction. On l’a vu plaisanter avec Alain Juppé, que l’on retrouve croqué à plusieurs reprises sous sa plume.

Cette exposition est un régal pour les yeux et pour l’esprit, les visiteurs ont le sourire accroché aux lèvres. Les petits et grands s’y amuseront, deux jeux de l’oie personnalisés et très drôles ont été mis à disposition (comme la case 58, toute noire, avec pour légende : « Grève à EDF… »).

Les « Rubipèdes », célèbres personnages rugbystiques, si chers à leur créateur, trônent fièrement et rejouent la partie. Et comme Michel Iturria aime à l’expliquer : « Je peux dire que c’est le dessin qui m’a amené au sport : pour mieux comprendre ce rugby, sport si prégnant en Aquitaine, j’ai pris une licence et j’ai joué jusqu’à 35 ans ».

 

Le livre de l’exposition « Iturria, la vie comme elle va », qui est vendu à l’entrée (10 euros), fourmille d’anecdotes savoureuses, racontées par Michel Iturria lui-même, sous forme d’interview, et compile les dessins exposés, un pur moment de bonheur.
Le mieux c’est encore d’y aller, de prendre le temps de savourer, de flâner, de s’imprégner et de rigoler. Et comme le dit Iturria lui-même «  j’aime à penser que le fantôme de Montaigne vient regarder mes œuvres la nuit… »

Je laisse le mot de la fin à Napoléon Bonaparte : « Un beau dessin vaut mieux qu’un long discours ».

INFOS pratiques:

Exposition jusqu’au   dimanche 3 juin 2012, au musée d’Aquitaine. Tarif plein: 3€, tarif réduit: 1,50€

Le blog d’Iturria: http://iturria.blogs.sudouest.fr/

      

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